Aussi appelé : Métreur · Économiste de la construction · Ingénieur études de prix · Technicien études de prix · Chargé d'affaires études de prix · Estimateur BTP · Ingénieur chiffrage
Le métier réussit quand la réflexion technique produit un chiffrage exact dans le cadre contraint des normes, délais et marges imposées : comprendre d'abord (plans, CCTP, risques), puis structurer rigoureusement cette compréhension en estimation vérifiable.
Chiffrage de projets de construction neuve ou rénovation au sein de grandes entreprises générales. Réponse aux appels d'offres publics et privés, consultation de sous-traitants, analyse technique et financière des projets.
Secteurs — Bâtiment neuf, Rénovation lourde, Logements collectifs, Équipements publics, Tertiaire
Employeurs — Bouygues Construction, Vinci Construction, Eiffage Construction, Spie Batignolles, Léon Grosse, Demathieu Bard, Rabot Dutilleul
Pour commencer — Technicien études de prix, Assistant études de prix, Métreur junior
Ensuite — Responsable études de prix, Directeur études de prix, Directeur du développement, Directeur de filiale
Estimation des coûts de projets d'infrastructures : routes, ponts, ouvrages d'art, tunnels, VRD. Forte composante technique liée aux méthodes de construction et aux contraintes géotechniques.
Secteurs — Routes et autoroutes, Ouvrages d'art, VRD, Génie civil industriel, Ferroviaire
Employeurs — Colas, Eurovia, Eiffage Infrastructures, Vinci Construction Terrassement, NGE, Charier, Guintoli
Pour commencer — Chargé d'études de prix TP, Ingénieur études de prix junior
Ensuite — Chef du service études de prix, Directeur technique, Directeur travaux
Estimation budgétaire et suivi économique de projets pour le compte de maîtres d'ouvrage ou au sein de cabinets d'économistes. Rédaction de DPGF, analyse des offres, vérification des situations de travaux.
Secteurs — Maîtrise d'œuvre, Assistance à maîtrise d'ouvrage, Audit et conseil construction
Employeurs — Mazars Construction, Gleeds, Exco, Aloha Consulting, Artelia, Egis, Setec, Cabinets d'économistes indépendants
Pour commencer — Économiste de la construction junior, Métreur-vérificateur
Ensuite — Économiste de la construction confirmé, Responsable pôle économie, Associé de cabinet, Directeur AMO
Chiffrage spécialisé dans un ou plusieurs lots techniques : CVC, plomberie, électricité, façades, charpente métallique. Nécessite une expertise technique pointue du domaine concerné.
Secteurs — CVC, Génie électrique, Plomberie sanitaire, Enveloppe du bâtiment, Charpente métallique
Employeurs — Engie Solutions, Dalkia, Snef, Spie, Vinci Energies, Cougnaud, Eiffage Énergie Systèmes
Pour commencer — Technicien études de prix lots techniques, Chargé d'études CVC/Plomberie
Ensuite — Responsable études de prix, Chargé d'affaires, Directeur commercial
Estimation des coûts de construction en phase amont pour le compte de promoteurs immobiliers ou de collectivités. Analyse de faisabilité financière, optimisation des budgets prévisionnels.
Secteurs — Promotion immobilière, Logement social, Aménagement urbain, Immobilier tertiaire
Employeurs — Nexity, Bouygues Immobilier, Altarea Cogedim, Icade, Kaufman & Broad, Collectivités territoriales, Bailleurs sociaux
Pour commencer — Chargé d'études techniques, Assistant montage d'opérations
Ensuite — Responsable technique promotion, Directeur de programmes, Directeur technique MOA
Travail par à-coups : périodes calmes de veille et d'analyse, puis rushes intenses lors des réponses à appels d'offres avec des deadlines non négociables (souvent quelques semaines, parfois quelques jours). Les fins de mois et trimestres concentrent les remises d'offres. Amplitude horaire régulièrement étendue en période de réponse.
Forte autonomie technique sur le chiffrage une fois le dossier attribué, mais tu évolues dans un cadre commercial contraint : prix de vente validés par la direction, marges imposées, stratégies d'offre décidées en réunion. Tu es expert de ton périmètre mais pas décideur final sur les choix économiques stratégiques.
Beaucoup d'échanges écrits et téléphoniques avec les sous-traitants et fournisseurs pour obtenir des prix, négocier, clarifier des prestations. Réunions internes régulières avec conducteurs de travaux, méthodes, commercial et direction pour défendre tes hypothèses de chiffrage. Contact limité voire inexistant avec les clients finaux : tu travailles sur dossier, pas sur le terrain.
Bureau à temps plein, double écran quasi obligatoire, logiciels métier (Batiprix, EBP Bâtiment, Excel avancé). Quelques visites de chantiers ou de sites pour comprendre les contraintes d'exécution, mais c'est marginal. Ambiance souvent open space dans les moyennes et grandes entreprises, parfois bruyante.
Quasi inexistante : poste sédentaire ancré dans les locaux de l'entreprise. Les déplacements se limitent à quelques visites de sites à étudier ou réunions chez les clients (maîtres d'ouvrage) pour les très gros projets. Mobilité géographique faible : le métier existe partout où il y a du BTP, mais les opportunités se concentrent dans les grandes agglomérations et bassins d'activité du secteur.
Pression réelle et récurrente liée aux délais courts incompressibles, à la complexité de certains dossiers (projets neufs avec variantes, réhabilitations avec aléas), et à l'enjeu financier : une erreur de métré ou d'estimation peut coûter très cher à l'entreprise ou faire perdre un marché. Le syndrome de la page blanche face à un dossier de 300 pages à rendre dans 15 jours existe. La charge mentale monte vite quand plusieurs appels d'offres se chevauchent.
Après quelques années, évolution possible vers chef d'équipe études de prix, responsable bureau d'études, ou chargé d'affaires (avec suivi de l'exécution). Certains basculent vers les méthodes ou la conduite de travaux pour voir leurs chiffrages se réaliser sur le terrain. Les profils expérimentés peuvent rejoindre la maîtrise d'ouvrage ou l'économie de la construction en libéral. Peu de turn-over dans les entreprises bien organisées : le métier se professionnalise et fidélise.
Tu développes une expertise technique pointue, transversale à tous les corps d'état, et une compréhension fine de l'économie du bâtiment. Veille obligatoire sur les évolutions réglementaires (RE2020, accessibilité), les nouveaux matériaux, les modes constructifs innovants. Montée en compétence continue et valorisante. Profils curieux et rigoureux s'épanouissent ; ceux qui cherchent la variété relationnelle ou le terrain peuvent se sentir enfermés dans l'analyse.
Tu choisis tes hypothèses techniques, tes sous-traitants, tes méthodes de calcul, mais le cadre commercial (prix de vente final, marges cibles) est souvent imposé par la hiérarchie ou la stratégie d'entreprise. Tu peux proposer des variantes, argumenter pour défendre ton chiffrage, mais la décision de soumissionner et le prix final t'échappent. Marge réelle sur le « comment », limitée sur le « combien » et le « pourquoi ».
Ton travail conditionne la faisabilité économique de projets de construction qui transforment durablement le territoire : logements, écoles, hôpitaux, infrastructures. Mais l'impact reste indirect et invisible : tu ne vois pas toujours sortir de terre ce que tu as chiffré, et ton nom n'apparaît nulle part. Satisfaction intellectuelle d'avoir permis un projet, mais frustration possible de rester dans l'ombre et de ne pas mesurer concrètement l'usage de ton travail.
Métier structurellement demandé tant que le BTP tourne, avec des opportunités en entreprises générales, bureaux d'études techniques, économistes de la construction, promoteurs. Salaires corrects dès l'entrée (autour de 30 k€), progression régulière avec l'expérience (jusqu'à 55 k€ et au-delà en libéral ou grandes structures). CDI très majoritaires. Vigilance pour les jeunes diplômés : l'apprentissage est exigeant et peut rebuter si l'accompagnement est insuffisant.
30 → 55 k€ par an
Recrutement tendu pour les profils expérimentés maîtrisant les outils métier et capables de chiffrer en autonomie sur des projets complexes (TCE, rénovation, marchés publics). Les jeunes diplômés trouvent mais doivent accepter une période d'apprentissage intensive avec un accompagnement inégal selon les entreprises.
Métier en transformation sous l'effet de la digitalisation (maquettes numériques BIM, logiciels d'extraction automatique de quantités) qui automatise une partie du métré mais complexifie l'analyse (nouvelles réglementations énergétiques, matériaux biosourcés, économie circulaire). Le cœur du métier – l'estimation fine et stratégique – reste indispensable et se recentre sur l'analyse de risques et l'optimisation économique.
| Formation | Durée | Niveau | Parcoursup |
|---|---|---|---|
| BTS Études et Économie de la Construction (EEC) | 2 ans | bac+2 | oui |
| BUT Génie Civil – Construction Durable (parcours Travaux Bâtiment ou Travaux Publics) | 3 ans | bac+3 | oui |
| Licence professionnelle Métiers du BTP – Économie de la construction | 1 an | bac+3 | — |
| Diplôme d'ingénieur Génie Civil / BTP | 5 ans | bac+5 | oui |
| Master Génie Civil – spécialité Économie de la construction ou Management de projet | 2 ans | bac+5 | — |
| Titre professionnel Économiste de la construction (formation continue / reconversion) | 1 an | bac+2 | — |